Le mode numérique FT4
Un protocole rapide de WSJT-X, taillé pour le trafic en contest sur HF et 6 m.
Le FT4 est un mode de communication numérique en signaux faibles utilisé par les radioamateurs. Il appartient à la même famille que le FT8, le JT65 ou le JT9, mais se distingue par des séquences d’émission et de réception très courtes, de 7,5 secondes. Cette cadence accélérée le rend particulièrement adapté aux concours, là où l’on cherche à enchaîner les contacts au rythme le plus élevé possible.
À quoi sert le FT4 ?
Le FT4 a été pensé pour le trafic en contest, principalement sur les bandes décamétriques (HF) et sur le 6 mètres. Il reprend l’esprit du RTTY — l’échange rapide en télégraphie numérique — tout en y ajoutant la robustesse du décodage en signaux faibles propre aux protocoles de la famille « FT ». Là où des modes plus traditionnels peinent à maintenir le contact dans un spectre saturé, le FT4 permet d’établir des liaisons fiables même lorsque les conditions de propagation se dégradent.
Comment fonctionne le FT4
Un message FT4 transporte une charge utile de 77 bits — la même que celle employée par le FT8 et le MSK144 — qui suffit à coder l’essentiel d’un QSO : indicatifs, locator, report de signal, accusés de réception. À cette charge utile s’ajoute un contrôle de redondance cyclique (CRC) de 14 bits, puis un puissant code correcteur d’erreurs de type LDPC (Low-Density Parity-Check). C’est ce code LDPC — et non un codage Reed-Solomon, qui est propre au JT65 — qui permet au décodeur de reconstruire le message malgré un rapport signal/bruit très défavorable.
Le flux ainsi protégé est transmis en 4-GFSK (modulation par déplacement de fréquence à 4 tons, lissée par un filtre gaussien). Chaque transmission comporte 87 symboles porteurs d’information de 2 bits chacun, entrelacés avec des séquences de synchronisation. Le lissage gaussien réduit fortement les lobes latéraux du spectre émis, d’où une occupation spectrale resserrée autour de 90 Hz.
Le déroulement d’un QSO
Les deux stations émettent à tour de rôle, en parfaite alternance, chacune calée sur des cycles de 7,5 secondes. Une synchronisation horaire précise de l’ordinateur (via NTP) est donc indispensable : c’est elle qui permet au décodeur de savoir exactement où commence chaque transmission. Un contact complet se résume à un court échange standardisé : appel, réponse, report de signal, accusé de réception, puis salutations finales.
FT4 ou FT8 ?
Le FT4 et le FT8 partagent la même structure de message et la même logique de codage. La différence tient au compromis entre vitesse, sensibilité et occupation spectrale. Le FT8, avec ses cycles de 15 secondes, reste plus sensible et privilégie la portée extrême (DX). Le FT4, deux fois plus rapide, sacrifie un peu de sensibilité au profit du débit de contacts : c’est le mode du contest.
| Critère | FT4 | FT8 |
|---|---|---|
| Période T/R | 7,5 s | 15 s |
| Sensibilité | ≈ 3,5 dB de moins | Référence |
| Largeur de bande | ≈ 1,6 × plus large | Référence |
| Débit de QSO | ≈ 2 × plus élevé | Référence |
| Usage privilégié | Contest (HF, 6 m) | DX, signaux très faibles |
Origines et concepteurs
Le FT4 a été conçu par Joe Taylor (K1JT) et Steve Franke (K9AN), les mêmes auteurs que les modes FT8, JT65 et JT9. Il a été introduit en 2019 avec la version 2.1.0 de WSJT-X, la suite logicielle de référence pour les modes numériques en signaux faibles. Le besoin était clair : réduire la durée d’un contact pour soutenir la cadence des concours, sans renoncer à la fiabilité de décodage qui a fait le succès de la famille « FT ».
Joe Taylor est un physicien américain, lauréat du prix Nobel de physique 1993 pour la découverte d’un pulsar binaire ayant permis de tester la relativité générale. Steve Franke est professeur de génie électrique et informatique ; tous deux ont signé ensemble plusieurs des protocoles numériques les plus utilisés du radioamateurisme.