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MegaHertz Magazine (1982-2008)

Publié le 15 août 2026 Par F4HXN

Mémoire de la radio amateur

Avant Internet, il y avait MegaHertz Magazine

Pour beaucoup de radioamateurs français, le nom de MegaHertz Magazine ramène Ă  des schĂ©mas, Ă  des montages sortis de l’atelier, Ă  des essais de transceivers, Ă  des antennes Ă  construire et Ă  des pages entières consacrĂ©es au trafic et au DX.

La revue a paru de novembre 1982 Ă  aoĂ»t 2008, soit vingt-six ans et 305 numĂ©ros. Son dernier numĂ©ro date d’aoĂ»t 2008 : dix-huit ans dĂ©jĂ .

Novembre 1982 : le premier numéro

Le numĂ©ro 1 sort en novembre 1982. La revue est fondĂ©e par Florence Mellet (F6FYP) et Sylvio Faurez (F6EEM), et Ă©ditĂ©e par SORACOM, d’abord Ă  Rennes puis Ă  Bruz, en Bretagne.

Le sous-titre des dĂ©buts annonçait le programme : « Revue EuropĂ©enne d’Ondes Courtes ».

MegaHertz ne se limitait pas au trafic radioamateur. On y parlait aussi de HF, de VHF et d’UHF, d’antennes, de satellites, de tĂ©lĂ©vision amateur, d’Ă©coute des ondes courtes, d’Ă©lectronique, d’informatique appliquĂ©e Ă  la radio, et mĂŞme de radioastronomie.

Une revue pour construire

Ce qui distinguait MegaHertz, c’Ă©tait son cĂ´tĂ© pratique. Ă€ une Ă©poque oĂą l’on ne trouvait pas un schĂ©ma ou une datasheet en quelques clics, une revue technique valait de l’or. Les articles ne se contentaient pas de dĂ©crire : ils donnaient de quoi passer Ă  la rĂ©alisation.

On y trouvait, au fil des numéros :

  • des montages Ă©lectroniques et leurs schĂ©mas ;
  • des antennes Ă  construire et des modifications de matĂ©riel ;
  • des essais d’Ă©quipements ;
  • des informations sur le trafic et le DX ;
  • des logiciels et interfaces pour la station ;
  • les nouveautĂ©s cĂ´tĂ© modes de transmission.

C’est l’esprit du homebrew, celui d’un radioamateur qui ne se contente pas d’acheter une boĂ®te : il comprend comment elle fonctionne, il modifie son installation et il fabrique une partie de sa station.

Avant le Web, une documentation de référence

On a du mal Ă  se le reprĂ©senter aujourd’hui : dans les annĂ©es 1980 et une bonne partie des annĂ©es 1990, pas de moteur de recherche, pas de forum sous la main, pas de PDF de documentation. Pour s’informer, il restait les livres, les associations, les Ă©changes entre radioamateurs, les salons… et les revues.

Beaucoup gardaient leurs numĂ©ros. Au bout de quelques annĂ©es, la collection formait une vraie documentation technique sur l’Ă©tagère de la station.

Le tĂ©moin d’une Ă©volution technique

Relire ces numĂ©ros a aussi un intĂ©rĂŞt historique. Entre 1982 et 2008, les tĂ©lĂ©communications ont beaucoup changĂ©. Le matĂ©riel s’est sophistiquĂ©, l’informatique est entrĂ©e dans les stations, et le numĂ©rique a gagnĂ© du terrain jusque dans les rĂ©cepteurs et les Ă©metteurs.

NumĂ©ro après numĂ©ro, on suit ce basculement : de l’analogique vers le numĂ©rique, des premiers micros vers l’informatique moderne, des interfaces bricolĂ©es vers le pilotage des transceivers par ordinateur, et jusqu’aux premiers pas de la radio logicielle (SDR). La collection se lit presque comme une chronologie technique de vingt-six ans de radio amateur.

Une revue indépendante, vendue en kiosque

MegaHertz revendiquait son indĂ©pendance vis-Ă -vis des associations et des fĂ©dĂ©rations. La rĂ©daction traitait l’actualitĂ© librement et laissait une large place aux rĂ©alisations des lecteurs. C’Ă©tait aussi le seul magazine radioamateur disponible en kiosque — l’autre titre, Radio-REF, Ă©tant rĂ©servĂ© aux adhĂ©rents du REF.

Denis Bonomo (F6GKQ) en a d’ailleurs Ă©tĂ© le rĂ©dacteur en chef pendant une grande partie de son histoire.

Août 2008 : le dernier numéro

L’aventure s’arrĂŞte au numĂ©ro 305, en aoĂ»t 2008. Comme une bonne partie de la presse spĂ©cialisĂ©e, MegaHertz a dĂ» composer avec des lecteurs qui changeaient d’habitudes. Internet Ă©tait devenu la première source d’information : forums, sites personnels, listes de diffusion et premières grandes communautĂ©s permettaient de partager schĂ©mas, logiciels et retours d’expĂ©rience en quelques minutes.

S’y ajoutaient les contraintes propres Ă  une revue papier : impression, distribution, et un lectorat suffisant Ă  maintenir. Après plus d’un quart de siècle, la publication s’est arrĂŞtĂ©e. Pour une partie de la communautĂ©, c’Ă©tait la fin d’une Ă©poque.

Les 305 numéros sauvegardés

L’histoire ne s’arrĂŞte pas tout Ă  fait en 2008. Un gros travail de numĂ©risation a permis de prĂ©server la collection. Ă€ partir de 2011, Laurent (F1JKJ) a entrepris de rechercher, scanner et mettre Ă  disposition les anciens numĂ©ros. Aujourd’hui, ils se consultent librement en ligne.

Anciens, mais pas périmés

Bien sûr, une partie du contenu a vieilli. Certains ordinateurs ont disparu, des composants ne se fabriquent plus, et du matériel présenté est passé chez les collectionneurs.

Mais la radio, elle, obĂ©it toujours aux mĂŞmes lois. Un dipĂ´le reste un dipĂ´le. L’adaptation d’impĂ©dance, la propagation ionosphĂ©rique, le filtrage, la construction d’antennes : les principes n’ont pas bougĂ©. Un vieux montage, mĂŞme bâti autour d’un composant introuvable, peut encore donner une idĂ©e pour une rĂ©alisation d’aujourd’hui. Et pour qui restaure du matĂ©riel ancien, ces numĂ©ros sont une mine.

Une collection à (re)découvrir

Feuilleter un MegaHertz des annĂ©es 1980 ou 1990 a son charme : le matĂ©riel de l’Ă©poque, les publicitĂ©s des magasins radio, les petites annonces, des nouveautĂ©s prĂ©sentĂ©es comme rĂ©volutionnaires et parfois les premières apparitions de techniques devenues banales. Les pages de publicitĂ© sont elles-mĂŞmes devenues des documents : tarifs des transceivers d’alors, marques disparues, matĂ©riels aujourd’hui recherchĂ©s.

Quarante-quatre ans après le premier numéro, et dix-huit ans après le dernier, la collection mérite encore le détour. Les anciens y retrouveront leurs débuts ; les nouveaux verront comment on construisait et on échangeait avant le Web. Et pour tous ceux qui aiment comprendre la radio autant que la pratiquer, ces 305 numéros forment une belle bibliothèque technique.

73 Ă  tous, et bonne lecture.


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