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Artemis : Identification des signaux radio

Publié le 19 juillet 2026 Par F4HXN

artemis

Logiciel — Écoute & identification

Reconnaître un signal inconnu avec Artemis

Un catalogue de référence libre et communautaire pour mettre un nom sur les signaux que vous croisez sur le spectre, riche de plus de 520 signaux documentés.

Quand vous parcourez le spectre au rĂ©cepteur et que vous tombez sur une porteuse inconnue, une modulation Ă©trange ou une trace de cascade que vous ne reconnaissez pas, la question revient toujours : de quel signal s’agit-il ? Artemis a Ă©tĂ© conçu prĂ©cisĂ©ment pour rĂ©pondre Ă  cette question. Il s’agit d’un logiciel libre d’aide Ă  l’identification et Ă  l’archivage des signaux radiofrĂ©quence, adossĂ© Ă  l’une des bases de donnĂ©es communautaires les plus complètes du domaine, forte de plus de 520 signaux rĂ©fĂ©rencĂ©s.

DĂ©veloppĂ© par le collectif AresValley et distribuĂ© sous licence GPL-3, Artemis en est aujourd’hui Ă  sa quatrième gĂ©nĂ©ration (Artemis IV). Il est Ă©crit principalement en Python et en QML, ce qui lui donne une interface moderne et cohĂ©rente sur les trois grands systèmes d’exploitation.

Ă€ quoi sert Artemis

Artemis n’est pas un logiciel de dĂ©codage ni un SDR. Il ne dĂ©module pas et ne se connecte pas Ă  votre rĂ©cepteur. C’est un catalogue de rĂ©fĂ©rence intelligent : une bibliothèque de signaux que vous consultez pour comparer ce que vous observez sur votre propre cascade avec des cas dĂ©jĂ  documentĂ©s. Pour chaque entrĂ©e, vous disposez d’une fiche descriptive, d’une image du spectre ou de la cascade, souvent d’un Ă©chantillon audio, et de l’ensemble des paramètres techniques du signal.

La dĂ©marche est simple : vous repĂ©rez un signal, vous notez sa frĂ©quence, sa largeur de bande approximative et l’allure de sa cascade, puis vous filtrez la base d’Artemis pour retrouver le candidat le plus probable. C’est l’Ă©quivalent numĂ©rique et enrichi du bon vieux manuel d’identification des signaux, mais tenu Ă  jour par une communautĂ© active.

Cascade d'un signal WSPR sur le spectre
Cascade caractĂ©ristique d’un signal WSPR : des traces très fines et très lentes, typiques des modes Ă  faible puissance. C’est exactement le genre d’empreinte qu’Artemis vous aide Ă  reconnaĂ®tre.

Une base communautaire issue de SigID

Le cĹ“ur d’Artemis repose sur la base SigID, directement liĂ©e au cĂ©lèbre site sigidwiki.com (Signal Identification Guide). Chaque signal du logiciel peut ĂŞtre rattachĂ© Ă  sa fiche correspondante sur le wiki, ce qui vous permet d’accĂ©der Ă  des informations complĂ©mentaires en un clic. La base est tĂ©lĂ©chargeable et se met Ă  jour, mais elle peut aussi s’importer hors ligne : si le poste destinĂ© Ă  l’Ă©coute n’a pas d’accès rĂ©seau, vous rĂ©cupĂ©rez l’archive au format .tar depuis un autre ordinateur, puis vous l’importez manuellement dans Artemis.

Vous n’ĂŞtes pas limitĂ© Ă  cette base de rĂ©fĂ©rence. Artemis vous permet de crĂ©er vos propres bases de donnĂ©es, d’y ajouter vos signaux, vos captures et vos annotations, puis de les exporter ou de les partager, toujours au format .tar. C’est un point apprĂ©ciable pour qui souhaite documenter ses propres observations locales.

Les paramètres décrivant un signal

Chaque signal de la base est caractérisé par une série de champs structurés, que vous pouvez consulter, filtrer et, dans vos propres bases, modifier librement :

ParamètreDescription
FréquenceFréquence ou plage de fréquences sur laquelle le signal est habituellement observé
Largeur de bandeOccupation spectrale du signal
ModulationType de modulation employé
ModeMode de transmission associé
LocalisationOrigine géographique connue ou supposée
CatégorieClassement du signal (militaire, utilitaire, radioamateur, etc.)
ACFFonction d’autocorrĂ©lation, utile pour retrouver la structure temporelle d’un signal numĂ©rique

Ă€ ces paramètres s’ajoutent des Ă©tiquettes personnalisĂ©es (tags) que vous dĂ©finissez vous-mĂŞme pour organiser votre collection, ainsi qu’une description au format Markdown qui autorise une mise en forme riche : titres, listes, liens, blocs de code. Chaque paramètre dispose enfin d’un champ de description qui s’affiche au survol de la souris.

Signal RTTY en modulation par déplacement de fréquence
Un signal RTTY en modulation par déplacement de fréquence : ses deux tonalités alternées forment un motif immédiatement reconnaissable, décrit dans la base par sa largeur de bande et son type de modulation.

Images, audio et documents

Pour chaque signal, Artemis affiche une image principale, en gĂ©nĂ©ral la cascade ou le spectre, et un lecteur audio permettant d’Ă©couter un Ă©chantillon caractĂ©ristique. Le gestionnaire de documents va plus loin : vous pouvez rattacher Ă  une mĂŞme entrĂ©e autant de fichiers que nĂ©cessaire, qu’il s’agisse d’images, d’enregistrements sonores ou de documents PDF, tout en dĂ©signant l’image et l’audio Ă  mettre en avant sur la fiche principale. Vous constituez ainsi un dossier complet pour chaque signal Ă©tudiĂ©.

Le module de météo spatiale

Une fonction moins attendue mais prĂ©cieuse pour l’opĂ©rateur HF : Artemis intègre un module de mĂ©tĂ©o de l’espace. Il rĂ©cupère en direct un ensemble de donnĂ©es relatives Ă  la propagation et Ă  l’activitĂ© solaire. Vous y trouvez les conditions courantes, des prĂ©visions, les cartes DRAP d’absorption des ondes dans la calotte polaire, l’activitĂ© aurorale, ainsi que des imageurs solaires. De quoi corrĂ©ler l’Ă©tat de la propagation avec ce que vous entendez rĂ©ellement sur les bandes.

L’analyse par autocorrĂ©lation

Artemis propose Ă©galement un outil d’analyse par fonction d’autocorrĂ©lation (ACF). Cette technique met en Ă©vidence les pĂ©riodicitĂ©s cachĂ©es d’un signal numĂ©rique, par exemple la durĂ©e d’un symbole ou la structure d’une trame. C’est une aide concrète lorsqu’il faut dĂ©terminer les paramètres d’un mode inconnu Ă  partir de sa seule empreinte temporelle.

Signal Olivia MFSK sur le spectre
Un signal Olivia (MFSK) : sa structure en sous-porteuses multiples se prĂŞte bien Ă  l’analyse par autocorrĂ©lation, qui aide Ă  en retrouver les paramètres.

Installation selon votre système

Artemis est rĂ©ellement multiplateforme, avec des mĂ©thodes d’installation adaptĂ©es Ă  chaque environnement.

Windows

Le plus simple est de tĂ©lĂ©charger l’installeur depuis le site officiel ou depuis la page des versions sur GitHub. Les utilisateurs Ă  l’aise avec la ligne de commande peuvent aussi passer par WinGet :

winget install -e --id AresValley.Artemis

Linux et Raspberry Pi

La mĂ©thode recommandĂ©e est Flatpak, via Flathub. Elle fonctionne aussi bien sur PC x64 que sur Raspberry Pi en arm64, ce qui rend Artemis parfaitement utilisable sur une petite station d’Ă©coute dĂ©diĂ©e. Si le support Flatpak est dĂ©jĂ  actif sur votre distribution, l’application apparaĂ®t directement dans la logithèque.

macOS

Faute de certificat de distribution Apple, le projet ne fournit pas de binaire prĂ©compilĂ© pour macOS. Il faut donc cloner le dĂ©pĂ´t et lancer le programme depuis les sources, ou compiler l’exĂ©cutable localement. La documentation dĂ©taille les deux procĂ©dures.

Un projet ouvert et collaboratif

Artemis est le fruit d’un travail collectif. On y retrouve notamment Marco Dalla Tiezza, Ă  l’origine des versions I, II et IV, Alessandro Ceccato pour la version III, Paolo Romani (IZ1MLL) comme spĂ©cialiste RF et testeur, ou encore Carl Colena cĂ´tĂ© administration de SigID. Le code, sous licence GPL-3, est ouvert aux contributions, et la base de signaux vit grâce aux remontĂ©es de la communautĂ© des Ă©couteurs et des radioamateurs.

En pratique, pour un radioamateur

Artemis trouve naturellement sa place Ă  cĂ´tĂ© d’un rĂ©cepteur SDR et d’un logiciel de cascade. Pendant que vous explorez le spectre, il vous sert de rĂ©fĂ©rence pour mettre un nom sur ce que vous observez, documenter vos trouvailles et, avec le module de mĂ©tĂ©o spatiale, replacer vos Ă©coutes dans le contexte de propagation du moment. LĂ©ger, gratuit et disponible jusque sur Raspberry Pi, c’est un compagnon d’Ă©coute que je vous recommande d’essayer.

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