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SigidWiki, le dictionnaire des signaux radio

Publié le 11 août 2026 Par F4HXN

Écoute & SDR

SigidWiki, mettre un nom sur un signal

Il y a ce moment, devant la cascade, oĂą un truc s’affiche Ă  l’Ă©cran sans qu’on sache d’oĂą il sort. Bruit, motif rĂ©gulier, salves. On regarde, on doute. C’est exactement lĂ  que SigidWiki entre en jeu.

Je passe une bonne partie de mon temps l’oreille collĂ©e Ă  un rĂ©cepteur et l’Ĺ“il sur un waterfall. TĂ´t ou tard, tout le monde tombe sur la mĂŞme chose : un signal qu’on n’identifie pas. Une trace qui monte, descend, clignote, siffle. On peut rester des heures Ă  tourner autour sans jamais lui coller une Ă©tiquette. Et puis un jour on dĂ©couvre sigidwiki.com, le Signal Identification Guide, et une partie du mystère se dissipe.

L’idĂ©e du site est d’une simplicitĂ© dĂ©sarmante : rassembler des exemples de signaux radio avec, pour chacun, Ă  quoi ça ressemble Ă  l’oreille et Ă  quoi ça ressemble sur une cascade. Un son, une image, une fiche. Vous entendez quelque chose d’Ă©trange, vous cherchez le motif visuel qui correspond, et vous avez votre rĂ©ponse — ou au moins une piste sĂ©rieuse.

D’oĂą viennent tous ces signaux

La quasi-totalitĂ© des enregistrements du wiki proviennent de rĂ©cepteurs dĂ©finis par logiciel. La fameuse clĂ© RTL-SDR Ă  quelques euros, mais aussi les Airspy, SDRplay, HackRF, BladeRF, Funcube Dongle, USRP et compagnie. C’est ce qui rend le projet vivant : n’importe qui, avec un bout de matĂ©riel accessible, peut capturer un signal, l’enregistrer et le verser Ă  la base.

Le wiki est ouvert Ă  l’Ă©dition. Une information manque ou vous semble fausse ? Vous corrigez. C’est ce fonctionnement collaboratif qui explique la profondeur de la chose : des centaines de contributeurs, aux quatre coins du spectre, qui documentent patiemment ce qu’ils reçoivent.

Le spectre découpé en tranches

La navigation suit le bon vieux dĂ©coupage des bandes. On part des VLF, tout en bas, et on remonte jusqu’aux UHF. Chaque tranche a son lot de fiches, et ça donne une idĂ©e assez juste de lĂ  oĂą se concentre l’activitĂ© documentĂ©e.

VLFTrès basses fréquences
LFBasses fréquences
MFMoyennes fréquences
HFOndes courtes
VHFTrès hautes fréquences
UHFUltra hautes fréquences

Des catégories qui racontent le monde

Ce que j’aime dans SigidWiki, c’est que le classement par catĂ©gories est un petit voyage en soi. On croise du militaire, du radar, de l’aviation, du maritime, du satellite, de la navigation. On tombe sur les stations de nombres, ces voix mĂ©caniques qui Ă©grènent des chiffres sans qu’on sache trop pour qui. On trouve les signaux horaires, les modes numĂ©riques, l’analogique, le radioamateur, le commercial, les liaisons de service (utility). Et bien sĂ»r la catĂ©gorie qui fascine le plus : les signaux non identifiĂ©s, ceux que personne n’a encore rĂ©ussi Ă  nommer.

Militaire Radar Aviation Maritime Satellite Navigation Radioamateur Numérique Analogique Stations de nombres Signaux horaires Utility Non identifiés

Là où ça devient concret

La base tourne autour de plusieurs centaines de signaux identifiĂ©s, avec en parallèle une longue liste de traces encore mystĂ©rieuses et une file de demandes d’identification. Autrement dit : ce n’est jamais figĂ©. On peut y aller pour trouver une rĂ©ponse, ou pour participer Ă  l’Ă©nigme collective en apportant sa propre capture.

~590 signaux identifiés
~400 signaux Ă  identifier
~50 demandes en attente

Chiffres relevés au moment de la rédaction. Ils bougent au fil des contributions.

Artemis 3, le wiki dans la poche

Il existe une application compagnon, Artemis 3, qui reprend l’ensemble des signaux de rĂ©fĂ©rence dans un format hors ligne. Tri, filtres, Ă©chantillons audio et cascades disponibles sans connexion. C’est prĂ©cieux quand on est en portable, loin de toute box, avec juste un rĂ©cepteur et un signal bizarre sous les yeux. Personnellement, avoir la base sous la main sans dĂ©pendre du rĂ©seau change complètement l’expĂ©rience sur le terrain.

Pourquoi j’y reviens

Un waterfall, au fond, c’est une image que l’on apprend Ă  lire. Au dĂ©but tout se ressemble. Puis, Ă  force, l’Ĺ“il reconnaĂ®t une porteuse, un dĂ©placement de frĂ©quence, une salve pĂ©riodique. SigidWiki accĂ©lère Ă©normĂ©ment cet apprentissage : en comparant ce que vous voyez avec les fiches, vous vous constituez petit Ă  petit une grammaire visuelle du spectre. C’est un outil d’identification, mais c’est surtout, Ă  l’usage, un formidable outil de formation.

Alors si un signal vous nargue depuis des jours, ouvrez le wiki, laissez traĂ®ner votre regard dans les cascades, et savourez le moment oĂą le motif Ă  l’Ă©cran correspond enfin Ă  une fiche. Il n’y a pas grand-chose de plus satisfaisant, en Ă©coute, que de mettre un nom sur l’inconnu.

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